L’observatoire ALMA vient de livrer ses premiers résultats scientifiques. ALMA (Atacama Large Millimeter Array) est une collaboration entre l’Europe, les États-Unis, le Canada, Taiwan, le Japon et le Chili. Il s’agit d’un réseau de radiotélescopes consacré à l’observation de l’Univers dans un domaine de longueur d’onde entre 0.3 to 9.6 millimètres, soit les domaines submillimétrique et millimétrique.

Une image composite des galaxies des Antennes, NGC 4038 et NGC 4039, deux galaxies en collision dans la constellation du Corbeau. L’image principale est une superposition des observations d’ALMA et d’autres images prises dans les domaines visible et radio. L’image orangée à droite est le résultat des observations d’ALMA. Les deux longs bras en bleus sont formés d’étoiles et de poussières éjectées des deux galaxies lors de leur collision. Dans la partie centrale, les noyaux des deux galaxies sont en train de fusionner, un phénomène accompagné par une forte augmentation des naissances d’étoiles. Seules les observations dans le domaine submillimétrique peuvent révéler les nuages de gaz froid où naissent ces étoiles. Crédit : ALMA/HST/NOAO/AURA/NSF/NRAO/AUI
Dans sa configuration finale, en 2013, le réseau ALMA sera constitué de 66 antennes (54 de 12 mètres de diamètre et 12 de 7 mètres de diamètre), avec une séparation maximale de 16 kilomètres. L’image qui vient d’être publiée a été prise avec seulement 12 antennes. La qualité des observations dépend du nombre d’antennes et de leur distance mutuelle, les images vont donc s’améliorer au fur et à mesure que de nouvelles antennes viendront s’ajouter au réseau.
L’astronomie submillimétrique est un sujet particulièrement difficile car la vapeur d’eau de notre atmosphère absorbe fortement les ondes submillimétriques. Elle requiert donc un ciel très sec et un observatoire aussi élevé que possible. Les astronomes ont choisi pour construire ALMA un site sur le plateau de Chajnantor, dans le désert de l’Atacama au Chili, à 5000 mètres d’altitude.
Le domaine submillimétrique comprend les longueurs d’onde entre 0.3 et 1 millimètre et se trouve donc entre l’infrarouge et les ondes radio. Il permet d’observer des régions relativement froides, entre environ 10 kelvins et quelques centaines de kelvins, donc des zones plus chaudes que le rayonnement fossile mais beaucoup plus froides que les étoiles. Son sujet principal est le milieu interstellaire de la Voie Lactée et des autres galaxies, en particulier les nuages d’hydrogène moléculaire où naissent les étoiles. Il permet aussi d’étudier l’univers lointain, la formation des planètes et même les corps du système solaire.



