Les astéroïdes
Le système solaire n'est pas uniquement constitué de planètes et de satellites. Il contient
également une multitude de corps de dimension plus réduite, astéroïdes et comètes, ainsi que
des petites particules appelées météoroïdes. Ce qui distingue les deux premiers groupes n'est
pas la taille, mais plutôt la distance au Soleil et la composition. Les astéroïdes se trouvent
à l'intérieur de l'orbite de Jupiter et sont formés de roches,
alors que les comètes se trouvent généralement dans des régions beaucoup plus reculées et sont
constituées de glaces et de poussières.
L'astéroïde Ida et son satellite Dactyl, photographiés en 1994 par la sonde
Galileo d'une distance de 10870 kilomètres. Ida (à gauche) est membre de la ceinture d'astéroïdes
entre Mars et Jupiter. Ida a une dimension de 56 kilomètres et Dactyl de 1.5 kilomètre. Crédit
:
JPL/NASA
Pour l'instant, alors que nous venons de dépasser Mars, intéressons-nous aux
astéroïdes. En 1801, l'astronome sicilien Guiseppe Piazzi découvrit un astre inconnu qui se déplaçait dans
le ciel et devait donc faire partie du système solaire. Il fut rapidement établi que ce corps, aujourd'hui
connu sous le nom de Ceres, orbitait à une distance de 2,9 unités astronomiques du Soleil,
entre Mars et Jupiter. Cette découverte fut rapidement suivie d'autres : Pallas en 1802, Juno en 1804 et Vesta
en 1807. A partir de la deuxième partie du XIXe siècle, le nombre d'observations d'objets de ce type augmenta
très rapidement. On en connaît maintenant des milliers et les planétologues estiment qu'il en existe 100 000
suffisamment brillants pour être un jour observé depuis la Terre.
Dans l'immense majorité des cas, l'orbite des astéroïdes se trouve comprise entre celles de Mars et de Jupiter, plus précisément entre 2 et 3,5 unités astronomiques, dans ce que l'on a baptisé la ceinture d'astéroïdes. La taille de ces objets varie entre plusieurs centaines de kilomètres pour quelques spécimens rares comme Ceres et une valeur de l'ordre du mètre - sous ce seuil on parlera plutôt de météoroïdes. Ce sont des corps de forme irrégulière, constitués de roches et de métaux, comme les planètes telluriques.
L'origine des astéroïdes : la résonance
La première hypothèse quant à l'origine des astéroïdes fut l'explosion d'une planète située entre Mars et Jupiter, dont ces petits corps serait les résidus. Cette idée a cependant été abandonnée, en particulier parce que la masse totale des astéroïdes ne permettrait de reconstruire qu'une planète très petite, avec un diamètre moitié de celui de la Lune.
Aujourd'hui les planétologues préfèrent la théorie selon laquelle les astéroïdes sont des corps qui n'ont pas réussi à s'agglomérer pour former une planète à cause de l'influence de Jupiter. Un indice en faveur de cette théorie est la présence de trous dans la distribution des orbites de la ceinture d'astéroïdes. En effet les orbites dont la période de révolution serait égale à une fraction simple de celle de Jupiter, par exemple la moitié ou le tiers, sont vides.
Imaginez un corps en orbite autour de Soleil avec une période moitié de celle de Jupiter. A chaque fois que la planète fait deux tours, elle se retrouve entre le Soleil et Jupiter dans une configuration complètement identique. L'attraction gravitationnelle de la planète géante va donc agir avec la même force et surtout dans la même direction. C'est cette répétition et cette accumulation d'effets identiques qui finit par avoir une influence conséquente sur l'objet : une déviation de sa trajectoire et un changement de période. Un tel phénomène ne peut se produire que s'il y a accumulation régulière pendant une très longue période, donc si la période de l'objet et celle de Jupiter sont de façon précise dans un rapport simple. C'est ce phénomène, appelé la résonance, qui explique les trous dans la distribution actuelle des orbites d'astéroïdes.
C'est le phénomène de résonance qui est probablement responsable de l'absence d'une cinquième planète tellurique
entre Mars et Jupiter. En effet, les planètes se sont formées il y a 4,6 milliards d'années, par l'agglomération
de poussières en petits corps appelés planétésimaux, qui se sont eux-mêmes regroupés pour former des astres
massifs. Au niveau de la future ceinture d'astéroïdes, une grande partie des planétésimaux était en résonance
avec Jupiter, la planète la plus massive du système solaire, et a donc fini par être expulsés de cette zone.
Ceci explique qu'il n'y a pas de quatrième planète tellurique, mais uniquement une multitude de petits corps
dont la masse totale est relativement faible.

La planète naine Cérès observée par le télescope Hubble en 2004. Cérès était classée comme astéroïde jusqu’en 2006, mais a été élevée au rang de planète naine car elle est suffisamment massive pour que sa gravité lui donne une forme sphérique. Crédit
:
NASA/ESA/J. Parker (Southwest Research Institute)
Si la grande majorité des astéroïdes habite la ceinture entre Mars et Jupiter, il y a quelques exceptions notables.
Certains visitent parfois les régions situées à l'intérieur de l'orbite de Mars (le groupe d'astéroïdes Amor)
ou de celle de la Terre (le groupe Apollo). Certains résident en permanence
à l'intérieur de l'orbite terrestre (le groupe Aten). A l'opposé, il existe des astéroïdes qui passent le
clair de leur temps au-delà de Saturne, comme par exemple Chiron. On trouve
également des astéroïdes, appelés les planètes troyennes, qui suivent la même orbite que Jupiter, mais en
avance ou en retard de 60 degrés par rapport à la planète - on parle de points de Lagrange. Une cinquantaine
de planètes troyennes a été observée mais il y en a probablement beaucoup plus.