L’ISS : la station spatiale internationale


Avec une masse de 420 tonnes, une surface de 108 mètres par 73 mètres et un coût d’environ 150 milliards de dollars, la station spatiale internationale (ISS) est la plus grande construction en orbite de l’histoire du monde. Elle vient de fêter ses quinze ans, l’occasion de revenir sur son histoire, ses caractéristiques et ses objectifs scientifiques.

Quinze ans de construction pour l’ISS

La station spatiale internationale est le fruit de la collaboration entre quinze pays : les Etats-Unis, la Russie, le Japon, le Canada et onze pays européens. Elle a vu le jour grâce à la fusion de trois projets plus anciens : la station spatiale américaine Freedom, la station soviétique Mir 2 et le laboratoire européen Columbus.

Sa construction débute le 20 novembre 1998 lorsqu’une fusée russe Proton met en orbite le module Zarya («Aube»). Trois semaines plus tard, la navette spatiale Endeavour embarque le premier module américain, le nœud de jonction Unity, et assemble les deux éléments. Le troisième module, Zvezda («Etoile»), arrive en juillet 2000 et ouvre la voie à une occupation humaine permanente qui commence le 2 novembre 2000.

Plus d’une dizaine d’années sera ensuite nécessaire pour donner à la station spatiale son apparence actuelle, avec en particulier l’installation des premiers panneaux solaires américains en l’an 2000, du laboratoire américain Destiny en 2001, du nœud Harmony en 2007 et des laboratoires européen Columbus et japonais Kibo («Espoir») en 2008. Cette construction sera malheureusement endeuillée et ralentie par l’explosion de la navette Columbia en février 2003.

En juillet 2011, la station atteint sa configuration finale, mis à part le laboratoire russe Nauka («Science») et le bras robotique européen, tous deux prévus pour être lancés en 2014 ou plus tard.

La station spatiale internationale

Une photo de la station spatiale internationale prise en mai 2011 par l’astronaute italien Paolo Nespoli depuis une capsule russe Soyouz en route vers la Terre. En haut de l’image on aperçoit Endeavour pendant l’avant-dernière mission d’une navette spatiale : STS-134. Crédit : NASA

Une succession de 140 lancements

Depuis sa création, 140 lancements ont déjà participé à la construction et à la vie de la station spatiale internationale. A ce jour (début décembre 2013), 91 lancements russes ont eu lieu, principalement pour envoyer des vaisseaux habités Soyouz ou des vaisseaux cargo Progress, mais aussi pour livrer les modules russes de la station. La navette spatiale a visité l’ISS 37 fois et a joué un rôle crucial par sa capacité de transport plus élevée que les autres vaisseaux.

Le Japon et l’Europe ont à ce jour contribué huit vols non habités : quatre vaisseaux automatiques de transfert européens ATV et quatre vaisseaux cargo japonais HTV. Un développement récent est la contribution de sociétés américaines privées : la station a déjà reçu trois visites du vaisseau cargo Dragon de la société SpaceX (Space Exploration Technologies) et la première visite du vaisseau cargo Cygnus de la société Orbital Sciences.

La station spatiale internationale

La station spatiale photographiée en février 2010 depuis la navette Endeavour qui vient de se détacher pour retourner sur Terre. Crédit : NASA

Un observatoire en orbite

La station spatial internationale orbite actuellement vers 415 kilomètres d’altitude, à une vitesse de 27.600 kilomètres à l’heure, soit 7,7 kilomètres par seconde. A cette altitude, l’atmosphère terrestre est très ténue mais elle a encore un impact et sa friction fait perdre quelques kilomètres d’altitude par mois à la station. Cette dernière est donc obligée d’effectuer périodiquement une correction de trajectoire grâce aux moteurs du module Zvezda ou à celui des véhicules qui viennent s’amarrer périodiquement. L’orbite de la station spatiale dure un peu plus de 90 minutes, ce qui correspond à quinze fois et demie le tour de la Terre en 24 heures.

La station spatiale est parfois visible depuis le sol. Elle apparaît comme un point blanc plus lumineux qu’une étoile ou une planète et qui traverse le ciel en quelques minutes sans clignoter. Le meilleur moment pour l’observer est soit avant le lever du Soleil, soit après son coucher. Pendant la journée, le ciel est trop brillant pour qu’on puisse observer la station, alors que la nuit elle se trouve dans l’ombre de la Terre et n’est pas illuminée. Les possibilités d’observation peuvent heureusement être calculées à l’avance et sont disponibles sur de nombres sites web, par exemple spotthestation.nasa.gov ou heavens-above.com.

L’astronaute japonais Aki Hoshide

En septembre 2012, l’astronaute japonais Aki Hoshide prend une photo du viseur de son casque pendant une activité extravéhiculaire. On aperçoit dans le viseur l’astronaute américaine Sunita Williams, les laboratoires Destiny, Columbus et Kibo, et la Terre. Crédit : NASA

Seconde partie : architecture et objectifs scientifiques


Page mise à jour le 12 juin 2016 par Olivier Esslinger