La mission Curiosity sur Mars

La mission Mars Science Laboratory (MSL), avec à son bord le rover Curiosity, fut lancée le samedi 26 novembre par une fusée Atlas V depuis Cap Canaveral en Floride et atteint la surface de Mars le 6 août 2012 après un voyage de huit mois et demi.

Le but de cette mission est d’étudier l’histoire géologique de Mars et de voir si les conditions étaient réunies dans un passé lointain pour permettre l’apparition d’une vie microbienne.

Le rover Curiosity

Mars Science Laboratory est la mission robotique la plus ambitieuse de la NASA et a coûté 2.5 milliards de dollars.

Le rover Curiosity est un vrai laboratoire d’analyse : 900 kilogrammes, dont 80 kilogrammes pour dix instruments scientifiques, trois mètres de long, 2,7 mètres de large, 2,1 mètres de haut.

Il peut se déplacer grâce à six roues et à un générateur d’énergie nucléaire au plutonium, ce qui lui donne plus d’autonomie que les panneaux solaires d’autres missions.

Curiosity dispose d’un bras télécommandé de 2.1 mètres de long qui lui permet d’analyser le sol et les roches aux alentours, mais aussi de forer et de récolter des échantillons pour les autres instruments.

Il possède un mât avec une caméra couleur stéréo et haute définition, ainsi qu’un laser capable de vaporiser la surface du sol jusqu’à une distance de sept mètres. Il peut ainsi faire une analyse spectroscopique à distance et choisir les meilleures cibles.

Le rover contient de nombreux autres instruments, caméra microscopique, spectromètre à rayons X, détecteur de neutrons, détecteur de radiation, station météorologique, spectromètre de masse, chromatographe, bref une vraie merveille.

Curiosity sur Mars
Un autoportrait du rover Curiosity sur Mars fin 2012. Il s’agit d’une mosaïque d’images prises par la caméra MAHLI placée à l’extrémité du bras robotique du rover. En ajustant précisément la position du bras pendant chaque prise, les ingénieurs l’ont intentionnellement laissé hors des images pour ne pas cacher le rover. A l’arrière plan, on aperçoit la base du Mont Sharp à droite et le bord nord du cratère Gale à gauche. Ce genre d’image permet aux ingénieurs de la NASA de surveiller l’état général du rover et en particulier l’accumulation de poussières martiennes sur ses différents éléments. Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS

Le cratère Gale

La mission se déroule dans le cratère Gale, une formation de 154 kilomètres de diamètre avec un pic central de cinq kilomètres de haut, près de la région volcanique Elysium Planitia.

Les sondes spatiales en orbite autour de Mars avaient révélé dans ce cratère des indices d’une présence d’eau sous forme liquide il y a deux milliards d’années et des formations d’origine probablement sédimentaire.

Le cratère Gale
Le cratère Gale, destination du rover Curiosity. Une petite ellipse en haut à gauche indique la région où Curiosity a atterri. Le cratère Gale a un diamètre de 154 kilomètres et il a été créé lors d’un impact il y a plus de trois milliards d’années. Au centre, on aperçoit le Mont Sharp, avec une altitude de 5,5 kilomètres par rapport au fond du cratère, la destination du rover lorsqu’il commencera sa mission au sol. Cette image est composée de données collectées par les sondes Mars Express, Mars Reconnaissance Orbiter et Viking Orbiter. Crédit : NASA/JPL-Caltech/ESA/DLR/FU Berlin/MSSS

L’arrivée sur Mars

Le rover était trop lourd pour utiliser la méthode des airbags des missions Spirit et Opportunity. Une technique beaucoup plus complexe et précise était donc nécessaire.

Le freinage commença avec les moyens habituels, bouclier thermique jusqu’à sept kilomètres d’altitude, puis parachute jusqu’à une altitude de deux mille mètres.

A ce moment-là, un module d’atterrissage placé au-dessus du rover telle une grue volante alluma des rétrofusées pour ralentir la chute de l’ensemble.

Il descendit encore jusqu’à une dizaine de mètres du sol avant de se stabiliser et de lentement déposer le rover, roues déployées, à l’aide d’un treuil.

Curiosity
Une vue d’artiste de l’arrivée sur Mars du module d’atterrissage transportant le rover Curiosity. Crédit : NASA/JPL-Caltech