La détection de signaux extraterrestres


La présence de planètes autour d’autres étoiles a été démontrée et il est plus que probable que de nombreux systèmes planétaires ayant les caractéristiques favorables au développement de la vie existent (notre Galaxie contient plus de 300 milliards d’étoiles). Dans ces conditions, des processus naturels semblables à ceux qui se sont produits sur Terre auront probablement donné naissance à la vie sur d’autres planètes.

Avec une bonne dose de chance et en donnant à la nature beaucoup de temps, il semble naturel d’imaginer que sur certaines de ces planètes la vie aura évolué vers l’intelligence et qu’il existe donc un certain nombre de civilisations avancées autour d’autres étoiles. Si de telles civilisations extraterrestres existent, quel est le meilleur moyen de les découvrir ou de communiquer avec elles ?

Envoyer un vaisseau spatial ou une sonde nécessiterait un temps colossal du fait des distances astronomiques en jeu. Ainsi, l’étoile la plus proche du système solaire, Proxima du Centaure, se trouve à 4,2 années-lumière, soit à peu près 40.000 milliards de kilomètres. A sa vitesse actuelle, 17 kilomètres par seconde, la sonde Voyager 1 mettrait environ 75.000 ans pour s’y rendre (si elle se déplaçait dans la bonne direction) et ceci uniquement pour l’aller. On peut évidemment rêver de technologies plus avancées, mais même pour une civilisation plus développée que la nôtre, la durée et le coût d’un voyage plus rapide seraient énormes.

La recherche de signaux extraterrestres en radioastronomie

La meilleure solution, dans l’état actuel de nos connaissances, consiste à recourir aux ondes électromagnétiques, tout particulièrement dans le domaine radio. Il s’agit alors soit de capter un message qui nous serait intentionnellement envoyé par d’autres êtres intelligents, soit d’intercepter des fuites dans leurs transmissions internes, tout comme d’autres civilisations proches pourraient intercepter nos programmes de radio ou de télévision.

Les ondes radio présentent de nombreux avantages. D’abord, elles se déplacent à la vitesse de la lumière. Elles ne mettent donc que 4,2 années pour atteindre Proxima du Centaure par exemple. Ensuite, elles sont faciles à créer ou à recevoir et ceci à un faible coût. Enfin, elles ne sont pas perturbées par le champ magnétique galactique et, pour un certain nombre de fréquences, l’absorption et la diffusion par la matière interstellaire sont très faibles.

Le radiotélescope d'Arecibo

Le radiotélescope d’Arecibo à Porto Rico où plusieurs projets de détection de signaux extraterrestres sont en cours. L’antenne de 300 mètres de diamètre fut construite en 1963 dans une cavité naturelle. Crédit : Arecibo Observatory/NAIC/NSF

L’inconvénient des ondes radio est que certains domaines de fréquences sont très pollués. Par des objets créés par l’homme comme les satellites, mais aussi par la plupart des corps ou phénomènes célestes : étoiles, pulsars, nuages de gaz, quasars ou même le rayonnement fossile lui-même.

Cette pollution généralisée amène les radioastronomes à ne considérer qu’un petit domaine de fréquence compris entre 1 et 100 gigahertz dans le domaine micro-onde. Dans cette région règne un calme relatif, si ce n’est un murmure dû au rayonnement fossile, et il est possible d’émettre ou de recevoir des signaux à un faible coût énergétique et financier. La grande majorité des efforts de détection de signaux extraterrestres se sont donc portés sur ce domaine de fréquence.


Page mise à jour le 30 août 2017 par Olivier Esslinger