La recherche de signaux extraterrestres


Depuis le début des années 1990, plusieurs projets de radioastronomie ont tenté de détecter des signaux artificiels d’origine extraterrestre, malheureusement sans succès jusqu’à présent.

Le projet Phoenix

L’un des principaux programmes d’écoute de possibles signaux extraterrestres fut le projet Phoenix. Initié par la NASA en 1992, mais arrêté par des coupes budgétaires l’année suivante, le programme fut repris par un organisme privé, le SETI Institute, et les observations purent commencer en 1995.

Le projet consistait en une recherche ciblée entre 1 et 3 gigahertz avec une haute résolution en fréquence. La cible était une sélection d’environ 800 d’étoiles situées à moins de 240 années-lumière de nous, la plupart du même type que le Soleil puisque celui-ci semble fournir les meilleures conditions pour le développement de la vie. La sensibilité des observations aurait pu nous permettre de détecter des émetteurs ayant le niveau d’un radar d’aéroport à son maximum de puissance (qu’un tel radar atteint rarement).

Le projet Phoenix commença ses recherches en 1995 avec une série d’observations au radiotélescope de Parkes en Australie. Elles furent suivies d’autres études avec l’antenne de Green Bank aux Etats-Unis entre 1996 et 1998. Ce fut ensuite le radiotélescope d’Arecibo à Porto Rico qui prit le relais. Les observations cessèrent finalement en 2004 sans avoir détecté de signal suspect.

Le projet SERENDIP

Un autre programme important est le projet SERENDIP (Search for Extraterrestrial Radio Emissions from Nearby Developed Intelligent Populations) qui a existé sous différentes formes depuis 1979. Pour sa phase actuelle, SERENDIP V, un détecteur secondaire a été installé sur le télescope d’Arecibo en 2009. Ce détecteur secondaire observe le ciel en permanence sur un domaine de 2 gigahertz avec une résolution de 1,5 hertz, quelle que soit la nature de la recherche principale en cours sur le télescope.

Grâce à la configuration basée sur un détecteur secondaire, le programme n’a pas besoin de temps d’observation spécifique, ce qui réduit grandement le coût du projet. Un autre avantage est qu’à long terme le détecteur finit par observer la plupart des directions du ciel, ce qui le rend complémentaire d’autres programmes plus ciblés comme Phoenix.

Depuis sa phase précédente, SERENDIP IV, le programme a généré beaucoup d’intérêt en s’ouvrant à la communauté amateur grâce à l’expérience SETI@home. Là non plus aucun signal intelligent d’origine extraterrestre n’a encore été identifié.

L'Allen Telescope Array

Le site de l’Allen Telescope Array à l’observatoire de Hat Creek en Californie, une collaboration entre le SETI Institute et l’Université de Californie à Berkeley. Crédit : SETI Institute

L’Allen Telescope Array

Un projet plus récent entrepris par le SETI Institute et l’Université de Californie à Berkeley est l’Allen Telescope Array. Il s’agit d’un réseau de télescopes de 6 mètres de diamètre chacun, situé à l’observatoire de Hat Creek dans le nord de la Californie. Il devrait comprendre environ 350 éléments d’ici quelques années et fournira alors la même capacité d’observation qu’un seul radiotélescope de 100 mètres de diamètre, à un prix bien moindre.

Le réseau est le premier observatoire construit spécifiquement pour la recherche d’intelligence extraterrestre, mais il sert aussi à des observations astronomiques plus classiques comme par exemple l’étude du gaz interstellaire ou des galaxies à noyau actif. La première phase d’observation a commencé en octobre 2007 avec un ensemble initial de 42 télescopes. Le réseau est toujours opérationnel malgré un arrêt temporaire dû à des difficultés budgétaires en 2011. Aucun signal suspect n’a pour l’instant été annoncé.


Page mise à jour le 30 août 2017 par Olivier Esslinger