L’astronomie dans les autres longueurs d’onde


La radioastronomie put se développer après la guerre car les observations pouvaient se faire depuis le sol, comme dans le domaine visible. Ceci n’était pas le cas pour les autres régions du spectre électromagnétique, l’infrarouge, l’ultraviolet, les rayons X ou gamma.

En effet, certains constituants de l’atmosphère, en particulier la vapeur d’eau, le gaz carbonique ou l’ozone, absorbent les ondes électromagnétiques dans ces différents domaines et les empêchent d’atteindre la surface terrestre. Le seul moyen d’étudier le ciel dans ces lumières est alors d’utiliser des instruments en haute altitude à bord de ballons et d’avions ou, encore mieux, dans des satellites en orbite autour de la Terre.

Trois longueurs d'onde

Une illustration de la manière dont les observations dans différentes longueurs d’onde peuvent se complémenter. Cette image de l’amas de galaxies MS 0735.6+7421 est une composition de trois images obtenues par le télescope spatial Hubble dans le visible (en vert), par l’observatoire dans les rayons X Chandra (en bleu) et le réseau de radiotélescopes VLA (en rouge). Alors qu’en lumière visible on n’aperçoit que des galaxies, les rayons X révèlent le halo de gaz chaud de l’amas et les ondes radio font apparaître les jets de particules énergétiques qui émanent du trou noir supermassif central et créent des cavités dans le halo de gaz. Crédit : NASA, ESA et B. McNamara (University of Waterloo)

L’astronomie infrarouge

Le premier satellite d’observation dans l’infrarouge, IRAS, fut lancé en 1983 grâce à une collaboration entre américains, britanniques et néerlandais. Muni d’un télescope de 57 centimètres, il révolutionna en 10 mois d’observations, tous les domaines de l’astronomie.

Il réalisa en particulier une carte complète du ciel dans l’infrarouge, découvrit plusieurs comètes, observa des nuages de poussières interstellaires baptisés les cirrus infrarouges, détecta des disques de poussière autour de plusieurs étoiles et mit en évidence un nouveau type de galaxies.

En 1995, l’agence spatiale européenne (ESA) lança son propre satellite infrarouge, ISO, pour une période d’observation de deux ans et demi. ISO était capable de détecter le rayonnement infrarouge dans des longueurs d’onde comprises entre 2,5 et 240 micromètres, avec une sensibilité et une résolution angulaire bien supérieures à celle d’IRAS.

Parmi ses faits d’armes, on peut citer l’observation de nombreuses régions de formation stellaire dans des régions proches ou dans des galaxies lointaines, ainsi que la découverte de vapeur d’eau sur Titan et plus généralement la détection d’eau un peu partout dans l’Univers.

L’astronomie dans l’ultraviolet

Les premiers satellites d’observation dans l’ultraviolet furent lancés dans les années 1960 et 1970. Le plus important d’entre eux fut le satellite IUE qui, lancé en 1978, fonctionna pendant 18 ans. Avec un télescope de 45 centimètres, IUE réalisa une moisson exceptionnelle de données, se concentrant en particulier sur les étoiles les plus chaudes et leurs éjections de gaz, ainsi que sur le milieu interstellaire et les quasars.

Pour explorer l’ultraviolet lointain, près de la frontière avec les rayons X, les Américains lancèrent EUVE qui observa le ciel de 1992 à 2001. Ce satellite put établir une carte du ciel, détecter la première source extragalactique dans ce domaine et étudier certaines étoiles particulières comme les naines blanches.

L’astronomie dans les rayons X

Dans le domaine des rayons X, le premier satellite majeur fut Uhuru. Lancé en 1970, celui-ci établit une carte du ciel et détecta de nombreuses sources brillantes.

A la fin des années 1970, trois satellites de la série HEAO reprirent ce travail plus en profondeur et détectèrent près de 10.000 sources de rayons X. L’étude de ces dernières a depuis montré qu’il s’agissait principalement de couples d’étoiles soumis à des phénomènes très violents, de résidus de supernovae ou bien d’amas de galaxies.

Depuis, d’autres satellites ont continué ce type d’observation, en particulier l’européen EXOSAT et l’allemand ROSAT, respectivement en 1983 et en 1990, et plus récemment l’américain Chandra et l’européen XMM-Newton tous deux lancés en 1999.

L’astronomie dans les rayons gamma

L’astronomie des rayons gamma s’occupe des phénomènes les plus violents de l’univers, qu’ils se produisent autour de pulsars, dans le milieu interstellaire, au centre des galaxies ou dans les quasars. Les premiers satellites dans ce domaine furent lancés à la fin des années 1960.

Depuis, les principaux satellites furent l’européen COS-B, lancé en 1975, le franco-russe GRANAT en 1989 et l’américain Compton GRO en 1991. La mission la plus importante à l’heure actuelle est celle du satellite Integral de l’agence spatiale européenne lancé en 2002.


Page mise à jour le 30 août 2017 par Olivier Esslinger